Faisons des propositions

Ce lundi 23 juin 2014, le bureau exécutif a rencontré pendant 1 h 15, à sa demande, le nouveau maire adjoint en charge des sports de la Ville de Paris, M. Jean-François Martins.

Les Nageurs Citoyens ont échangé avec M. Martins sur la gravité des problèmes auxquels Paris fait face avec ses piscines. Fidèle à ses objectifs, l’association a tenu à exposer des propositions concrètes pour améliorer la situation, certaines d’entre elles étant à coût nul. Le maire adjoint et son équipe en ont pris note. Il est convenu de se revoir rapidement.

Pour plus de détails sur cet entretien, écrivez-nous : contact@ec2-52-51-124-101.eu-west-1.compute.amazonaws.com.

Record battu

Ce dimanche 15 juin 2014, 27 (ving-sept) piscines étaient fermées à Paris, sur les 39 de la capitale (nous comptons Molitor, à ce stade, comme la 39ème). Source : paris.fr et nageurs.com. Ce dysfonctionnement général provient de causes diverses, qui vont de la grève dominicale des personnels techniques à l’incident inopiné, en passant par l’arrêt total pour cause technique grave (Emile Anthoine, Butte aux Cailles, Joséphine Baker etc.).

69 % de piscines fermées en même temps, c’est un record.

Faisons un voeu

Le conseil de Paris, dans sa séance du 19-20 mai 2014 et dont le délibéré est affiché à l’Hôtel de Ville, a émis « le voeu que la Ville de Paris lance des études de faisabilité pour la création d’une piscine écologique […] durant cette mandature ; s’engage à proposer au moins deux bassins éphémères ou temporaires […] à partir de 2016 […] ; continue à développer des techniques alternatives d’usage au chlore ». Donc, 1 piscine + 2 bassins éphémères.

Pour mémoire, la candidate Hidalgo, en avril-mars derniers, promettait 4 piscines en dur (dans les 17è est, 20è sud, 14è et 15è arrdts), 2 piscines mobiles et 3 bassins en plein air. Il y a un petit décalage. Gageons, à ce stade, que d’autre « voeux » suivront.

Les Nageurs citoyens ne sont pas malheureux que la construction de nouvelles piscines soit évoquée, souhaitée, considérée. Toutefois ils rappellent, comme ils le faisaient durant la campagne municipale, que le plus important, avant même de construire 3 ou 6 piscines sur 6 ans, serait de faire fonctionner sans attendre celles qui existent déjà, pour éviter, comme c’est le cas, que 5 à 10 piscines soient fermées en permanence, voire 23 comme c’est arrivé un récent dimanche de mai. Tel est leur voeu à eux.

L’étendue du désastre aquatique

Dimanche 25 mai 2014, 23 (vingt-trois) piscines parisiennes sur 39 étaient fermées  (source paris.fr), soit 59 % de fermeture ! En ce lendemain d’élections européennes, on ne pourra pas accuser les piscines d’avoir détourné les Parisiens de leur devoir électoral, bien au contraire. Serait-ce une subtile stratégie européenne de la Ville pour encourager la participation au scrutin ?

Samedi 24 mai, ce n’était guère mieux : 15 (quinze) piscines fermées pour diverses causes, soit 40% (source paris.fr et nageurs.com) : Taris (5è) fermée pour « manque de personnel », Valeyre (9è) pour « mouvement social », Parmentier (10è) pour « incident technique », Château-Landon (10è) pour « mouvement social », Rigall (11è) pour « compétition », Roger Le Gall (12è) pour « travaux », Joséphine Baker (13è) jusqu’au 8 juin pour « contamination bactériologique », Butte aux cailles (13è) pour « travaux prolongés », Château des Rentiers (13è) pour « incident technique », Aspirant Dunand (14è) pour « mouvement social », Keller (15è) pour « incident technique », Emile Anthoine (15è) jusqu’au 31.1.15 pour « incident technique », Bernard Lafay (17è), Georges Hermant (19è) jusqu’au 31.10.14 pour « travaux »  et G. Vallerey (20è) sans raison indiquée.

Ca ne va, mais alors pas du tout dans les piscines à Paris.

Pièces d’or à Molitor

Pour nager à Molitor, l’ancienne piscine municipale qui a enfin réouvert ses portes cette semaine, il faudra donc, d’après les tarifs affichés, payer 3.000 € par an, ou « seulement » 180 € par jour. Pas très facile d’accès, tout ça…

Les Nageurs citoyens défendent un public qui veut nager, tout simplement. Que les piscines de Paris soient en régie (29) ou en DSP (9) n’est pas important. Ce qui compte c’est qu’elles soient ouvertes, entretenues et accessibles. Mais dans une ville où les nageurs indépendants peinent à trouver des lignes d’eau pour nager, comment peut-on pratiquer des tarifs qui créent une telle barrière ? Pourquoi, au sein du projet, aucun horaire n’a-t-il été négocié pour le public, alors que, d’après l’ancien adjoint de M. Delanoë (Jean Vuillermoz), la demande de natation a augmenté de 75 % en 11 ans ? Que la mairie souhaite déléguer la gestion de ses établissements est une chose, mais qu’elle oublie de défendre les parisiens de base en est une autre. Un très mauvais point, là.

Jeter 1.000 euros à l’eau

Un exemple, ce dimanche 27 avril, à la piscine Armand Massard, à Montparnasse, jour de fin de vacances. Entre midi et deux heures, on compte déjà 52 personnes dans l’eau du grand bassin (soit presque 9 personnes par ligne d’eau), 25 dans le moyen et une dizaine dans le petit. Le printemps promet d’être chaud dans les lignes…

Remarquons aussi autre chose : les caisses sont fermées, totalement vides, et en conséquence l’entrée est gratuite toute la journée, pendant huit heures. Imaginons un billet à 2,4 euros (carnet de 10). Les nageurs sont contents de ces entrées gratuites, certes, mais combien la Mairie n’a-t-elle pas perçu ce dimanche à Massard ? calculons 87 x 8 x 2,4 x 1 heure par personne = 1670 euros ! Tout ça qui n’ira pas en entretien des piscines parisiennes ou en augmentation de salaires pour les agents.

La Ville de Paris a besoin d »argent pour entretenir ses piscines. A condition de ne pas le jeter à l’eau.